De jeunes blogueurs avec Bruxelles pour terrain de jeu.

Move It Kanal : le projet pour améliorer le quartier par la culture

Cet article a été écrit dans le cadre du concours Europe in my Region

Move It Kanal est un projet soutenu par la région Bruxelloise et l’Union européenne dans le cadre du Fonds européen de Développement régional (FEDER) qui finance des projets visant à renforcer la cohésion économique, sociale et territoriale de la Région bruxelloise. Le but de Move It Kanal est d’identifier les besoins des jeunes du quartier du Canal en termes de culture, et de soutenir les projets socio-culturels concrets proposés par les animateurs jeunesses.

© Lasso

Move It Kanal est le premier projet bilingue porté par Lasso. L’association s’est installée dans les bureaux du Kaaitheater, dans le quartier du Canal, en plein cœur du croissant pauvre de Bruxelles.

Lasso se définit comme étant le réseau bruxellois pour la participation à la culture et l’éducation à l’art. Il s’agit d’une VZW, pendant néerlandophone de c’est qu’est une ASBL, ce qui veut dire aussi que l’association est soutenue par le gouvernement flamand.

« Nous avons toujours collaboré avec les acteurs francophones. On s’est rendu compte que la division à Bruxelles de la culture et de l’enseignement entre francophones et néerlandophones est complètement artificielle. Le gouvernement devrait réfléchir à comment aboutir à une cohésion dans le futur. Cette division ne répond pas du tout aux besoins de Bruxelles », observe Anja Van Roy, coordinatrice de Lasso. D’où l’intérêt de Lasso de créer un réseau avec tous les acteurs culturels de jeunesse francophones et néerlandophones pour une meilleure prise en charge des défis sociaux à Bruxelles.

Étude du terrain avec des chercheurs de l’Erasmus Hoogeschool

La zone du Canal dont s’occupera Lasso dans le cadre de Move It Kanal reprend le bas Molenbeek, Cureghem et les quartiers Anneessens et Dixmude du centre-ville. Pour l’instant, le projet Move It Kanal est encore au stade de l’étude.

Une enquête a été menée par des chercheurs de l’Erasmus Hoogeschool. 55 jeunes bruxellois de la zone du canal âgé de 11 à 22 ans ont été interrogés afin de savoir leurs aspirations culturelles et les obstacles qu’ils rencontrent pour l’accès à la culture.

Les jeunes bruxellois ont formulé leur désir d’avoir plus d’opportunités pour développer leurs talents. © Lasso

Il en ressort que c’est surtout à l’école que les jeunes sont en contact avec les théâtres et les musées. Il y a un souhait d’être davantage en contact avec des projets culturels et artistiques lors de leurs temps libres, et d’avoir un espace où développer leurs talents. 20 professionnels du secteur de la jeunesse, de la culture et de l’enseignement ont aussi été interrogés. Ils évoquent une difficulté à intéresser un public jeune et diversifié à la culture. Lasso a collecté les bonnes pratiques et ingrédients pour réussir un projet culturel, à savoir le travail participatif, la simulation des talents et l’adéquation à l’environnement des jeunes.

Pourquoi la culture peut-elle sauver nos jeunes ?

Le quartier du Canal côté Molenbeek © Brussely

Le rôle de Lasso est donc de développer un réseau, où des partenariats, des espaces et de bonnes pratiques peuvent se partager.

Les activités proposées par le secteur de la jeunesse culturelle à Bruxelles sont souvent décriées comme de l’occupation futile par certains, ce à quoi Anja Van Roy, coordinatrice de Lasso qui nous a reçus, répond : « Stimuler des gens à participer à la culture est une manière de se développer soi-même. La culture fait partie de notre identité. L’identité est créée à partir de tous les cadres culturels qu’on a autour de soi. C’est un élément clef de son identité et de sa société ». La culture et l’art permettraient de reconnecter nos jeunes à l’éducation. « La culture est une façon de s’exprimer et peut aider les jeunes à s’identifier et se positionner dans le monde », ajoute Anja Van Roy.

Stéphane Hessel, le résistant franco-allemand le disait si bien : « L’espèce humaine se distingue des autres espèces animales, qui ont des tas d’avantages sur nous, par un avantage précieux : l’amour de la culture. »